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C'est
moi !
Tous
les textes que vous allez lire, qu’ils vous touchent le fond de
l’âme ou le fond de la corbeille, sont à vous. Vous pouvez les
transformer, les rallonger ou les raccourcir, les accommoder
à n’importe qu’elle sauce musicale, les faire lire, les offrir,
les crier, les murmurer ou vous essuyer les fesses avec. Il n’
y a aucun droit, ils sont dans le domaine public. Et ils s’y sentent
bien. Des potes me disent fréquemment : « Tu devrais
les déposer, on sait jamais… ».
Désolé, non. Cela reste le morceau de moi complètement hors de
la thune, le no man’s land du matériel, et le garant de mon intégrité.
Le fric ici est interdit, quelle que soit sa forme. Ce que j’écris
est ce que je suis, ce que je crie…et vous voudriez que je me
vende ?
Plutôt mourir que de me regarder tous les matins dans le miroir,
même serti de diamants, pour voir la tronche d’un traître qui
se nourrit du système qu’il dénonce et conchie. Je ne veux pas
une seule seconde que le profit guide mon cervelet pendant que
je m’écervelle à gueuler ce qui me fout les glandes. Parce que
c’est vraiment moi, et pas ce que j’ai appris, c’est l’inné plutôt
que l’acquis. C’est ma vraie vie. Je sais pertinemment ce que
veut dire « caresser dans le sens du poil », je passe
ma vie professionnelle à bâtir des images et des concepts destinés
à séduire les consommateurs. (Faut faire gaffe, parce que dans
consommateur, il y a « sommateur »).
Que Johnny Hallyday ou Patrick Bruel fassent un carton avec un
de mes textes et empochent des millions, tant mieux, beaucoup
de gens seront touchés…On peut toujours rêver...
Cela m’incitera à continuer. Il est hors de question que je perçoive
quoi que ce soit de qui que ce fût…sinon, n’étant qu’un homme
soumis à la tentation, je crains que cela ne m’incite à « fabriquer »
des chansons pour Hallyday ou Bruel.
Et là, ça y est ! je me vends. Je n’écris plus les partitions
de ma part lunaire, j’échafaude des projets, des produits, je
définis la politique marketing et la stratégie commerciale, je
convainc les investisseurs, et bla bla bla … Je suis vendu et
le miroir ne me pardonnerait pas d’être mon propre vendeur.
Ces mots n’existent que pour vivre…faites les vivre comme vous
l’entendez et le voyez. Je ne suis pas l’apôtre de la générosité
absolue ni de la fraternité lumineuse, je ne revendique que le
droit de garder un bout de moi à l’abri de ce triste bordel planétaire.
C’est avant tout mon premier cri.
Primaire, brut, complètement débile, foncièrement insipide ou
un carrément cool… A vous de voir et d’entendre !
La seule chose que je demande, c’est de me faire part de votre
réaction, qu’elle soit farouche ou épidermique.
Au relire.
Renaud.
PS:
cependant, par courtoisie, sympathie ou respect, si vous en "empruntez"
un, faites moi un petit
mail pour me le dire...merci !
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